Солярис. Серия 2 (фантастика, реж. Андрей Тарковский, 1972 г.)

Солярис. Серия 2 (фантастика, реж. Андрей Тарковский, 1972 г.)

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Language: French

Type: Human

Number of phrases: 602

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SOLARIS Deuxième partie Passe. - Et toi? - Je te suis. Il faut refermer l'écoutille. Alors? Ça va? Oui. Mais dépêche-toi. On frappe avant d'entrer. Il m'a semblé qu'on parlait ici... Raison de plus. De la visite? Tu les as bien arrangés! Ça ne fait rien. Le métier qui rentre. Tu n'y as pas été trop fort pour tes débuts? Narcotiques, barbituriques, une autre drogue? Si c'est pour faire le clown, mieux vaut que tu t'en ailles. Parfois on devient clown malgré soi. Ne me persuade pas que tu n'as essayé la corde ou la hache. Tu ne lui as pas lancé ton encrier, comme Luther? Alors, un-deux, tu l'installes, tu presses le bouton et le tour est joué? La prochaine fois tu ne paniques pas, tu lances le cinéma dans la coursive. - Qu'est-ce que c'était? - Si je le savais. Mais nous avons établi certaines choses malgré tout.
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Qui est venu te voir? Une amie. Morte il y a 10 ans. Tu as vu l'image matérialisée de l'idée que tu avais d'elle. - Et quel est son nom? - Harey. Ces visites ont commencé après notre intervention aux rayons X. Nous avons bombardé la surface de l'Océan au rayonnement dur. Mais ce n'est pas... Tu as encore de la chance avec ta Harey, elle appartient à ton passé. Parce que quand tu auras droit à quelque chose que tu n'as jamais vue et qui vivait dans ton inconscient... Je ne te suis pas tout à fait... Mais il semble bien que l'Océan a sondé nos cerveaux et en a extrait ce qu'on pourrait appeler des îlots de mémoire. - Mais reviendra-t-elle? - Peut-être oui, peut-être non. - Une Harey-2... - Elles peuvent être en nombre. Pourquoi ne m'avais-tu pas averti? Tu ne m'aurais pas cru. J'ai pris peur, je n'ai peut-être pas agi de la meilleure manière... Ce n'est pas le moment d'avoir des remords. Vois-tu, il est question de fermer la station,
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c'est même pour cela qu'on m'envoie. Si je mets ça dans mon rapport, tu accepteras de le signer? Et si c'est le fameux contact qu'on guette depuis longtemps? La nuit c'est le meilleur moment ici. On se croit un peu sur la Terre. Il faut coller des rubans de papier au ventilateur. La nuit ça fait penser au bruissement des feuillages de chez nous. Une idée de Guibarian, enfantine comme tout ce qui est génial, je l'ai adoptée tout de suite. Au début Sartorius se fichait de nous, mais je sais qu'il cache un truc pareil dans son rangement. Il faut que tu te refasses. Viens me trouver plus tard à la biblio. J'ai une liste de textes pour toi. Snaut, c'est toi? Kris, où es-tu? Viens ici. - Il fait si noir... - Viens, ne fais pas attention. Hurey! Tu ne pousses pas du bon côté! Kris! Attends, j'arrive. J'ai eu très peur quand j'ai vu que tu n'étais pas là... Bonsoir, Kris.
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Je t'entends mal. Que fais-tu? Rien de spécial. Sartorius nous demande de le rejoindre dans son laboratoire. Comment ça va? Bien, je vais essayer. Kris, qu'est-ce qu'il m'arrive? Je ne ferais pas une crise d'épilepsie? Ma femme. Bonjour! B'jour. - Nous vous attendions. - Je terminais un topo. C'est à vous? Non, à Snaut. Eh bien. Je crois avoir établi qu'ils sont constitués... Appelons-les "nos visiteurs". Alors que nous sommes une structure d'atomes, eux ce serait des neutrinos. Des neutrinos? Ce genre de système est instable... Il est stabilisé par le champ de forces de Solaris. Vous avez un échantillon de qualité. C'est ma femme! Formidable. Merveilleux. Faites-lui donc une analyse du sang, à votre "femme". Dans quel but? Ça vous éclairera.
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Qu'est-ce que tu en penses, - Snaut? - Ce que j'en ai marre de vous deux! J'ai dissous le sang à l'acide, il se régénère immédiatement... Se régénère? Mais c'est l'immortalité, Faust a résolu son problème! Pardon. Pas besoin de coton hydrophile. Vous êtes capable de procéder à une vivisection? C'est ma femme. Vous n'avez pas compris? Ça me paraîtrait moins barbare que de charcuter les malheureux cobayes. Vous n'êtes pas d'accord? Vous voulez que je me scie une jambe? C'est du pareil. Ça t'a fait mal quand tu t'es cognée à la porte? Et comment. Si un jour je vous prends à ce genre d'exercice... - Vous avez eu de la chance. - C'est-à-dire? Vous êtes un gros veinard, vos contact sont d'ordre affectif. C'est sans doute agréable, mais... - Vous m'enviez? - Pas exclu. Non. Vous n'y êtes pour rien. C'est moi le coupable. De quoi? Alors quand vous vous serez vraiment transformés en infirmes, sonnez-nous, on viendra vider le bassin.
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- Tout de même, envers qui coupable? - Envers vous, notamment. Mon père a filmé ça, moi aussi, quelques bouts. Tu sais... Je ne me connais pas, je ne me souviens de rien. Je ferme les yeux et je ne me souviens plus de mon visage. Quoi? - Toi au moins tu te connais? - Comme tout être humain. Cette femme en manteau blanc, je suis sûre qu'elle me haïssait! Penses-tu, elle était morte quand nous nous sommes rencontrés. Ne raconte pas d'histoires... Je me rappelle très bien, même qu'une fois que nous prenions le thé elle m'a dit de sortir. Je me suis levée, je suis partie. Je m'en souviens parfaitement. Qu'y a-t-il eu après? Après je suis parti et nous ne nous sommes plus revus. Où es-tu allé? J'ai été obligé de partir. - Pourquoi? - On m'avait déplacé. Et pourquoi sans moi? Tu n'as pas voulu me suivre. Oui, ça je m'en souviens. Pardon, j'ai cru que tu veillais.
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Qu'est-ce qu'il y a donc? La régénération se ralentit. Nos visiteurs nous accordent 2-3 heures de répit. Et c'est au milieu de la nuit que tu viens me dire ça? Non, c'est pour quelque chose de plus important, je crois. Nous avons pensé que si l'Océan tire de nous ses visiteurs pendant qu'on dort, peut-être on peut lui communiquer nos pensées de la journée? - De quelle manière? - Une autre petite dose de rayons X. Peut-être il comprendra et nous épargnera ses farces à l'avenir. Vous continuez de promouvoir la science à coups de rayons gamma? On va moduler le faisceau sur les biocourants de quelqu'un de nous. Et ce quelqu'un c'est moi? L'encéphalogramme! Enregistrer ma pensée? Et si moi je désire qu'elle meure, qu'elle s'anéantisse? Confier mon moi à cette gelée de groseille? Mon âme en a déjà une indigestion. Kris, le temps presse. Sartorius avance une autre solution. Un annihilateur. Il ne détruirait que les systèmes à base de neutrinos. Finalement, vous me faites chanter?
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C'est moi qui l'ai incité à commencer avec l'encéphalogramme. Et oublie donc cette histoire. Demain j'ai mon anniversaire. Tu es invité. - Je vois, tu veux nous réconcilier. - Je le veux! Ne crie donc pas, on dort, ici. On dort? Elle a déjà appris à dormir? Ça finira très mal tout ça. - Et que proposes-tu? - Mais rien. Je compte sur toi? A minuit, la bibliothèque. Nous fêterons là-bas. Au moins il n'y a pas de fenêtres. Et maintenant, arrive. Sartorius nous attend. Elle dort. Elle ne va pas me suivre, j'espère? Tu n'as qu'à laisser la porte ouverte. Ça, une porte? Du carton-pâte. Attends, j'arrive. Tu t'en vas? Pardonne-moi... Pourquoi ne dors-tu pas? - Je sais que tu ne m'aimes pas. - Cesse, Harey. - Il faut que nous parlions. - Mais de quoi donc? Kris. Je ne sais pas qui je suis, d'où je viens.
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- Tu le sais, peut-être? - Que vas-tu inventer? Ne m'interromps pas. Si tu le sais, et que tu ne puisses rien dire pour l'instant, tu me l'apprendras un jour, dis, Kris? Qu'est-ce qui te passe par la tête? Je ne te comprends pas... Tu refuses. Tu as peur, hein? Et bien moi, je vais te le dire. Je ne suis pas Harey! Harey est morte... Elle s'est empoisonnée. Moi je suis autre chose. - Qui a pu te dire ça? - Sartorius. - Cette nuit? J'aurais préféré que tu me le dises toi-même, tu sais. Mon Dieu, quelle différence... Comment as-tu vécu tout ce temps-là? Tu as aimé une autre? - Tu ne m'as pas oubliée? - Je pensais à toi. Pas toujours. Surtout quand ça allait mal. Une drôle d'impression. Comme si quelqu'un nous manipulait toi et moi... Et plus va durer cette manipulation, plus l'issue en sera désastreuse pour toi. Justement pour toi. Si je pouvais t'aider seulement...
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Dis-moi. Et l'autre, que fait-elle? Nous avons eu des accrochages. Nous ne cessions plus de nous disputer. J'ai pris mes affaires, je suis parti. Elle m'avait fait comprendre... enfin, par allusion... Quand tu as vécu avec quelqu'un pendant des années... J'étais persuadé que ce n'étaient que des paroles. J'ai pensé aux ampoules de produits toxiques que je gardais au frigo pour mes travaux, et dont je lui avais même décrit l'action. J'ai pris peur, j'ai voulu revenir et puis je me suis dit qu'il était ridicule de le prendre au sérieux. Le troisième jour, je n'y tenais plus, j'y suis allé. Harey était morte. J'ai vu la trace de la piqûre à son bras. Comme celle-ci? Mais pourquoi a-t-elle fait ça? Peut-être sentait-elle que je ne l'aimais pas vraiment... A présent, non. Je t'aime. Kris, mon amour! Il faut dormir. Je ne sais pas comment.
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Ce n'est pas le sommeil. Une espèce de torpeur enveloppante... qui m'investit aussi, mais qui s'étend infiniment plus loin. C'est sans doute ça, le sommeil. Je crois que le héros de la fête ne viendra plus. - Pourquoi? - Peut-être il a la visite? Oh, mais tout le monde est là! Tu viens avec 90 minutes de retard. Que lis-tu là? Bon pour la poubelle! La poubelle! Et où se trouve... Où se trouve... Voici! Ils s'amènent toujours la nuit, et nous, quoi? On n'a pas besoin de dormir? Voilà le problème - comment dormir... Tu nous lis ça. Je dois récupérer de mes émotions. "Je sais une chose, mon Maître. Quand je... Quand je dors, je ne connais plus ni craintes, ni espérance, ni soucis, ni joie... Je remercie celui qui inventa le sommeil, il est comme une balance qui rend égaux le roi et le berger, le sot et le sage. Le sommeil n'a qu'un défaut -
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il ressemble vraiment trop à la mort. Jamais encore, Sancho, tu ne prononças de si gracieux discours." Fort bien, mais j'aimerais pouvoir placer un mot. Buvons à la santé de Snaut, à son courage et à son sens inaltérable du devoir. Buvons à la science et à Snaut. A la science? Quelle blague! Dans notre situation, médiocrité ou génie c'est tout un. Je dois vous dire qu'on ne veut pas conquérir l'Espace. On veut étendre la Terre jusqu'à ses confins reculés. Les autres mondes? Pourquoi faire? On n'en a pas besoin. Nous cherchons un miroir. On veut trouver un contact qui ne sera jamais établi. Nous sommes dans la position ridicule de celui qui se précipite vers un but qui l'effraie et dont il n'a que faire. C'est de l'homme que l'homme a besoin! Buvons à Guibarian, buvons à sa mémoire! Même s'il a cédé à la peur.
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Non, Guibarian n'a pas eu peur. Pour avoir peur il en faut d'autres. Il est mort de ne pas voir d'issue. Il s'est imaginé qu'il était le seul à subir ce qui lui arrivait. Ah, cessez vos fadaises sentimentales! Du Dostoïevski de la pire espèce. - Doucement, dites donc! - Moi je connais ma place. Je travaille. La nature a créé l'homme pour qu'il apprenne à la connaître. Dans sa quête de la vérité, l'homme est condamné à savoir. Rien d'autre n'a d'intérêt. Je peux vous le demander? Pourquoi êtes-vous venu sur Solaris? Comment, pourquoi? Vous travaillez beaucoup? Sauf les mamours avec votre ex, quelque chose vous intéresse ici? Vous passez vos journées dans le lit, peut-être croyez-vous remplir ainsi votre devoir de chercheur? Vous avez perdu le sens des réalités. - Vous n'êtes qu'un paresseux! - Arrêtons ça là. Nous buvons à Guibarian. Non. Nous buvons à l'homme. Vous voulez dire que Guibarian n'était pas un homme? Arrête donc, Kris! Nous n'allons pas nous quereller?
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A la fin, c'est mon anniversaire que nous fêtons ce soir... - Aujourd'hui, c'est mon jour. - Bien sûr. Il me semble, moi, que Kris est plus conséquent que vous avec lui-même. Dans des conditions inhumaines, il se conduit humainement. Alors que vous autres, vous faites mine de ne pas être concernés. Vos visiteurs vous gênent? Pas de problème - vous les évacuez. Ils sont pourtant vous-mêmes, votre mauvaise conscience. Kris, non. Il m'aime. Ou je me trompe? Et il ne tente ainsi que de se défendre de lui-même? Moyennant l'être vivant que je suis... Mais s'agit-il de cela? Qu'importent les raisons pour lesquelles on aime? Kris a été placé devant le fait accompli. Tandis que vous... Tenez, je vous hais! Ne m'interrompez pas, en dépit des apparences je suis une femme. Vous n'êtes ni une femme, ni un être humain. Essayez de le comprendre, si seulement vous en êtes capable. Harey n'existe pas, elle est morte! Vous n'en êtes que la reproduction.
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La reproduction mécanique! La copie! La matrice! Oui. C'est possible. Mais je... je deviens un être humain... Et mes sens ne sont pas différents des vôtres. Croyez-moi. Déjà je pourrais me passer de lui. Oui... je l'aime. Un être humain... moi... Vous êtes trop cruels... Levez-vous! Mon cher ami... Ce serait trop facile. Nous avons tort de nous disputer ainsi. Nous y perdons notre dignité et notre visage humain. Mais non. Vous êtes des hommes chacun à votre manière. C'est pour cela que vous vous disputez. Je ne suis pas de trop? Tu es un chic type, mais tu aurais plutôt sale mine... C'est vrai que je flanche un peu. Tu dois me donner un coup de main. Eh bien? Est-ce qu'un gus qui est prêt à sacrifier sa vie au nom de ce foutu contact, rien que pour savoir
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ce qu'il vaut, n'a pas le droit de se soûler? Le droit absolu. Mais tu y crois encore en notre mission? Je n'irai pas chez moi. Evitons de nous endormir. J'irai chez le docteur Faust. Au labo de notre Faust-Sartorius on planche contre l'immortalité. Et nous? Tu veux, on ouvre les écoutilles et on se met à brailler en bas... Des fois qu'il nous entende? Sauf que je sais plus son nom... Ou alors, si on lui caressait les fesses à coups de règle? Ou bien on va lui faire la prière. Qu'est-ce qu'il y a? J'ai fermé la porte... Elle reste seule. Tu peux y aller, ça va mieux moi. La station doit corriger son orbite. A 17:00 nous aurons 30 secondes d'apesanteur. Penses-y. Harey! Harey! Pardonne-moi, chéri... J'étais plongée dans mes pensées. Il y a quelque chose qui ne va pas? Mais non. Rien. Tout est O.K.
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Elle a avalé de l'oxygène liquide... Un geste de désespoir, c'est évident. Ça ne peut aller que de mal en pis. Plus elle reste auprès de toi et plus elle devient un être humain. - Prends exemple sur Sartorius. - Merci pour le conseil. Que vas-tu faire? Attendre qu'elle revienne. Et après? Quitter la station? Comprends-le, elle ne peut exister qu'ici, sur la station. Que puis-je encore faire? - Puisque je l'aime! - Laquelle? Celle-ci? Ou l'autre, celle de la fusée? Elle reviendra, elle reviendra encore et encore. Ne fais du problème scientifique une histoire d'alcôve. Je sentais que ça allait mal finir. Il faudrait que tu la secoures. Abominable... Jamais je ne m'habituerai à ces résurrections en série... Est-ce moi? Harey. Quoi? Quoi? Quoi? Pourquoi?.. Pourquoi?.. Non... Ce n'est pas moi... C'est moi... Je ne suis pas Harey...
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Et toi... Peut-être bien que toi aussi? - Il ne faut pas, Harey. - Je ne suis pas Harey! Bon, bon. Que tu sois envoyée par l'Océan pour me torturer, ou pour mon bien, quelle importance? Tu m'es plus chère que toutes les vérités scientifiques de l'Univers... Dis-moi, je lui ressemble beaucoup? Avant, tu lui ressemblais. A présent c'est toi la vraie Harey. Dis-moi... Dis-moi... Je te répugne, n'est-ce pas, comme je suis? - Je te répugne? - Non, Harey. - Tu me mens... - Je t'en prie, arrête. Je suis sûre que ça te répugne! Ne m'approche pas... Je t'aime!.. Harey, qu'est-ce que tu as? Je n'ai rien... Je n'ai rien... Je ne retournerai pas sur la Terre. Nous vivrons ici, toi et moi, à bord de la station. Tu sais... J'ai très peur... Il semble devenir actif. Ce doit être ton encéphalogramme. Tu sais,
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en cédant à la compassion, on finit par se vider de sa substance. Je crains que ce ne soit que trop vrai. La souffrance plonge les êtres dans le pessimisme et l'incertitude. Mais j'ignore... Non, je ne sais rien... Quoi, ce qui n'est pas indispensable à notre existence, lui serait nocif? Non, ça ne peut pas être nocif. A l'évidence, ça ne peut pas. Tu te souviens des tourments de Tolstoï constatant qu'il est impossible d'aimer le genre humain dans son ensemble? Et ça date de quand, tout cela? Je ne vois plus du tout... Aide-moi à m'y retrouver... Tu vois - je t'aime. Ça veut dire quoi? L'amour est un sentiment que l'on vit, mais qui reste inexplicable. Ce n'est pas comme l'idée, qui l'est toujours. Or tu aimes ce que tu pourrais perdre. Toi-même... une femme... ta patrie. A ce jour, l'humanité, la Terre n'ont toujours pas accès au véritable amour. Et nous sommes si peu! Quelques misérables milliards!
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Et si nous étions ici pour cela, pour ressentir que les humains ont vocation d'amour? Il fait une fièvre. Comment est mort Guibarian? Tu ne m'en as rien dit. Je te le raconterai, mais plus tard. Guibarian n'est pas mort de peur. Il est mort de honte. La honte, voilà où est le salut des hommes! Maman, j'ai... J'ai deux heures de retard. Je le sais. As-tu fait bon voyage? Un peu fatigué, sinon ça va. Mon Dieu! Voilà qu'elle retarde encore. Je vais la remettre à l'heure. Tu as bien le temps. Je suis très confus, je ne sais pas pourquoi... mais je ne reconnais pas ton visage... Tu as mauvaise mine. Es-tu heureux? Cette notion est déplacée dans ma situation. C'est très regrettable.... Je suis très seul actuellement. Pourquoi nous peines-tu ainsi? Qu'attendais-tu? Pourquoi ne pas avoir téléphoné?
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Tu mènes une drôle de vie. Négligé, crasseux. Où vas-tu traîner pour t'arranger comme ça? Qu'est-ce que c'est? Attends, je reviens. Maman! Eh bien? Où en es-tu maintenant? Où est Harey? Qu'est-ce que c'est? Il n'y a plus de Harey. "Kris, c'est affreux, j'ai été obligée de te mentir. Mais je ne pouvais faire autrement. C'est mieux ainsi pour nous deux. C'est moi qui le leur ai demandé. N'accuse personne. Harey". Elle l'a fait pour toi. Snaut, écoute... Tu dois te calmer, Kris. Comment ça s'est passé?.. Par annihilation. Un jaillissement de lumière, un souffle instantané. Oui... Ça n'allait plus depuis quelques jours, elle et moi. Dis-moi, Snaut, pourquoi nous torture-t-il ainsi? Vois-tu, nous avons perdu le sens du cosmique. Il était très présent chez les Anciens.
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Eux ne se seraient pas interrogés... Pense au mythe de Sisyphe. Depuis que nous lui avons parachuté ton encéphalogramme aucun des visiteurs n'a reparu. L'Océan est d'ailleurs le siège de mouvements inexplicables. Des îlots viennent se former à la surface. Il y en a eu un pour commencer, plusieurs autres les jours suivants. Tu voudrais dire qu'il nous a compris? Comme ça, d'un seul coup? Non. Mais nous pouvons reprendre espoir. - Tu as quel âge, toi? - 52 ans. Et depuis quand tu es là? Tu n'as pas vu mes états signalétiques? J'ai vu. Après tant d'années sur la station tu ressens bien tes attaches avec la vie sur la Terre? Tu aimes les questions extrêmes. D'ici à ce que tu me demandes sur le sens de la vie... Tu ne dois pas ironiser. C'est une question banale. Quand un homme est heureux, le sens de la vie et autres questions l'intéressent peu.
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Il faut se les poser au terme de son existence. Oui, mais comme nul ne sait quand il viendra ce terme, chacun se presse. Ne te presse pas. Les plus heureux sont ceux qui ne se sont jamais interrogés là-dessus. Peut-être. Le questionnement correspond au désir de savoir. C'est pourtant le mystère qui permet de perpétuer les simples vérités. Mystère du bonheur, de la mort, de l'amour. Possible, mais mieux vaudrait de ne plus penser à tout ça. Car y penser cela revient à connaître la date de sa mort. Quand cette échéance reste inconnue, c'est comme si on était immortels. De toute façon, ma mission est terminée. Que faire maintenant? Retourner sur la Terre? Tout va rentrer dans l'ordre. De nouveaux projets, amis. Mais je sais que ce ne sera plus jamais la même chose. Ai-je le droit de renoncer au contact, à supposer même qu'il relève de l'imaginaire, avec l'Océan, à qui mon espèce tend la main de l'intelligence mutuelle.
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Rester ici, parmi les objets que nous avons touchés elle et moi? Qui gardent encore la chaleur de nos souffles ? Dans quel but? L'espoir de la voir revenir? Cet espoir n'existe plus. Il ne me reste qu'une chose, attendre. Attendre quoi? Si je le savais. D'autres prodiges. Tu n'es pas fatigué? Non, je me sens en bonne forme. A mon avis, il serait temps pour toi de regagner la Terre. Tu le penses vraiment?

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