Dupré Digital: Dupré – der Impressionist (Episode 2 – Subtitles in English, French and German)

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Language: French

Type: Human

Number of phrases: 193

Number of words: 1887

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Quatre ans plus tard, mon père put acheter la maison du numéro 12 de la rue du Vert-Buisson, dont mon grand-père était locataire Puis, l’on construisit un salon de musique, mon grand-père n’ayant pas hésité à sacrifier une partie de son jardin. Pour l’inauguration du salon, mon père ayant réuni et fait travailler un groupe de chanteurs, on exécuta la scène du « Graal » du premier acte de « Parsifal ». Dès son enfance, la musique a déterminé le cadre de vie de Marcel Dupré. Son père, Albert Dupré, qui fut l'élève d'Alexandre Guilmant, enseignait la musique au lycée Corneille et fut organiste à Saint-Ouen à Rouen. Sa mère, Alice Chauvière, était pianiste et violoncelliste. Guilmant devint un ami proche de la famille et fut témoin de mariage des parents de Marcel. C’est ainsi que Marcel reçut très jeune de Guilmant ses premières leçons d'orgue. La maison, au n° 12 de la rue du Vert-Buisson, continua de se transformer. On agrandit la salle de musique, devenue trop petite.
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Albert Dupré chargea Cavaillé-Coll de construire un orgue de 11 jeux que l'on peut encore entendre aujourd'hui comme orgue de chœur de la cathédrale de Rouen. Albert avait longtemps caressé le désir de fonder une chorale. Mais c'était plus difficile qu'il ne le pensait : La nouvelle salle de musique est à peine terminée qu'Albert entreprend de réunir sa chorale. Les complications s'avèrent redoutables. À l'époque, les chanteurs non-professionnels partaient généralement en vacances entre juillet et octobre ; il n'était guère plus commode de les réunir pendant les mois d'hiver, période de visites et de réunions familiales obligatoires ; il était hors de question de faire passer les répétitions de chorale avant les devoirs de société. Puis, les visites de nouvel an occupaient tout les mois de janvier et une bonne partie de février, et il était devenu très à la mode en France de réunir les amis pour le thé.
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En outre, aucun chanteur, s'il était homme d'affaires ou exerçait une profession, ne pouvait s'absenter de son travail l'après-midi pour assister à des répétitions, et aucune jeune fille de bonne famille ne sortait le soir sans être accompagnée. Ainsi, à cause des règles imposées par la société bourgeoise, même Paris, avec ses trois orchestres symphoniques, manquait de chœurs de qualité. Malgré les difficultés rencontrées, Albert réussit à fonder une chorale qui compta vite plus d’une centaine de chanteurs dont il était le chef. "L'Accord parfait" fut le nom bien timbré donné à cet ensemble. Il en assuma la direction à partir de 1897 et cela pendant 34 ans. Un orchestre d'environ 60 musiciens se joignit plus tard à ce chœur. Très vite, il fallut agrandir encore la salle de musique devenue largement trop petite et on sacrifia le dernier bout de jardin. Le chœur interprétait les grands chefs-d'œuvre de la musique de chœur, tels que le « Messie » de Haendel, « L'Enfance du Christ » de Berlioz,
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les Passions de Bach ou le « Requiem allemand » de Brahms, et on peut imaginer que le petit Marcel toujours impliqué, découvrait ce monde musical avec toute sa sensibilité. Prendre l’initiative en privé de fonder une chorale n'était pas rare à l'époque. Il existait toute une série d'ensembles professionnels. Donc des orchestres avec chœur qui interprétaient Wagner dans un cadre privé. À moins d’aller au théâtre, on ne pouvait entendre de la musique qu’en en produisant soi-même. Les gens avaient en ce temps une bien meilleure éducation musicale que maintenant. Un grand nombre d'entre eux, pianistes amateurs, savaient lire la partition d’un opéra de Wagner sur leur instrument. D’autres prenaient à l’occasion des leçons de chant et en maîtrisaient à peu près la technique. Un nom qui revient sans cesse dans ce contexte est celui de Richard Wagner.
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Les avis divergent à son sujet. Certains étaient las des opéras français et heureux d’une nouvelle approche proposée par Wagner. Des compositeurs comme Meyerbeer, en revanche, critiquaient sa « musique de l'avenir ». C’est alors qu’une véritable bataille en public s'enflamma entre les critiques et les partisans. Les concerts de musique de Wagner étaient régulièrement accompagnés de « cris et de discussions » qui « menaçaient toujours de dégénérer en agressions ». La scandaleuse première à Paris de son opéra « Tannhäuser » est désormais légendaire. Widor et Saint-Saëns appréciaient sa musique, mais aussi des personnalités littéraires telles que Baudelaire. Celui-ci a écrit de Wagner qu'il n'était pas seulement musicien mais aussi poète. Des années plus tard, Marcel Dupré, qui était lui-même un wagnérien passionné et qui a assisté à l'une des rares représentations dirigées par Toscanini à Bayreuth, s'est exprimé de la même manière : Wagner résume tous les arts rythmés et toutes les époques. En lui le dramaturge procède des Grecs par la souveraineté de l’action intérieure ;
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le poëte, de la langue racine germanique, par l’allitération; le musicien, de Bach, par la symbolique thématique ; de Beethoven par l’humanisation des instruments ; le peintre, de la Renaissance, par la signification du geste. Il a chanté tout : Dans Tannhäuser et les Maîtres(chanteurs) : l’amour de la Musique, de la langue et de la Terre natale ; dans Tristan : la douleur et l’amour. Il nous ouvre l’au-delà dans « Lohengrin » et « Parsifal », et nous emmène hors du monde dans la gigantesque épopée de la race humaine qu’est la Tétralogie. Nous n’avons qu’à le remercier, prosternés en silence. Et qu’importe s’il a fermé derrière lui la voie ! Dans la maison Dupré, l'admiration pour Wagner a même porté de curieux fruits. Auriez -vous imaginé un opéra de Wagner sous forme de spectacle de marionnettes ? ... Mon grand-père Aimable Dupré avait, pour amuser ses enfants, construit un petit théâtre dans lequel des marionnettes jouaient « La Belle au Bois Dormant ». A son tour, mon père eut l’idée d’en construire un. Il commenca à travailler pendant les vacances
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au décor du château pour le deuxième acte de « Lohengrin ». Comme nous n’avions pas encore l’électricité, tous les effets de lumière, qui étaient ravissants, étaient réalisés au gaz avec des verres de couleurs variées. Les personnages de notre théâtre, merveilleusement sculptés, étaient charmants. C’est avec une joie enfantine que je suivais tous ces travaux qui me remplissaient d’admiration. Hélas, pillé pendant la guerre de 1940, il ne nous reste plus que des vestiges du cher petit théâtre. Le théâtre de marionnettes fut en effet pillé pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais les restes sont toujours dans le grenier de la Villa de Meudon, attendant un aimable restaurateur. Comme vous pouvez le constater, les salons particuliers étaient l'un des piliers de la culture wagnérienne. Si l'on en croit les articles de journaux de l'époque, le niveau des chorales en main privée devait être exceptionnel. "L'Accord parfait", par exemple, fut invité à plusieurs reprises à venir de province pour donner des concerts à Paris. La composition initiale du chœur devait continuellement s’adapter à la configuration des lieux et aux ressources humaines.
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Les gens étaient certainement moins exigeants dans l'ensemble, car ils n'avaient pas de moyen de comparaison. Il existait un théâtre Wagner ambulant d'Angelo Neumann qui travaillait évidemment avec un petit contingent de musiciens, comme pour les opéras de Meyerbeer. D'autre part, il faut le dire, il y eut des ensembles travaillant avec des amateurs, ou du moins avec un orchestre amateur. D'après les récits de l’époque, tout cela a dû être remarquable. Dans beaucoup de cas, les critiques musicaux parisiens avaient assisté, la même année ou l’année précédente, au festival de Bayreuth, ce qui leur permettait de comparer un peu les prestations. Soit-dit en passant, la musique de Wagner n'a pas été autorisée à être enseignée au Conservatoire de Paris avant 1905. Deux ans plus tard, Dupré entrait dans la classe de composition de Charles-Marie Widor. Widor devint l'ami de son père et son mentor, l’aidant grandement pour sa carrière.
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L'objectif principal de la classe de composition était de préparer les compositeurs en herbe au « Prix de Rome », une sorte de « Grammy » pour les compositeurs français. Le lauréat se voyait offrir une généreuse bourse d'études et un séjour de trois ans à la Villa Médicis à Rome. Le thème du concours portant généralement sur un sujet dramatique, Widor dût se concentrer sur l'enseignement des techniques de composition d'opéra. Avec persévérance, il encouragea Dupré à relever le défi du « Prix de Rome ». Dupré eu d'abord du mal à se faire à l'idée de composer un opéra. Il estimait que Richard Wagner avait déjà tout dit dans ce domaine. Après deux tentatives infructueuses, il remporta finalement le prix tant convoité en 1914 avec sa cantate "Psyché". Cependant, Dupré ne fit pas de séjour à Rome, car la Première Guerre mondiale éclatait peu après. Un an avant ce succès, Dupré avait composé « Soir sur la plaine »
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comme pièce de concours pour le « Prix de Rome ». Vous pouvez découvrir sur notre site le texte lyrique de cette composition en original et avec ses traductions. Il est d’Albert Samain, en fait administrateur de profession, représentant du symbolisme. Le symbolisme, contrairement au réalisme, crée un monde de beauté et de perfection esthétique idéelle. Le sujet des poèmes est souvent en réaction aux mutations du monde. Ces poèmes créent des retraites spirituelles laissant place à la nostalgie : La grande ville est, après tout, une structure relativement récente. Les gens s’y sentent déracinés et les contacts sociaux deviennent plus difficiles. Cette nostalgie de la nature, exprimée dans le poème « La Source » de Leconte de Lisle, est une image comme on en rêve. Les Parisiens, en règle générale, ne connaissent pas cela. Leurs sorties dominicales se font dans les banlieues ;
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on y trouvera peut-être un gazon où l'on peut s'installer pour un pique-nique. Mais ce n'est pas la vraie nature. Elle est bien trop lointaine pour un dimanche de parisien. Dans la littérature de cette époque, on retrouve de nombreuses évocations mythologiques. Le drame poétique « Polyphème » d'Albert Samain a pour thème la nature. Il s'agit de Polyphème, qui, selon la mythologie grecque, est le plus ancien des Cyclopes et le fils de Poséidon. Le drame raconte l'histoire célèbre de Polyphème qui tente de dérober Galatée à Acis. Jean Cras a mis en musique l'intégralité du livret dans son opéra du même nom. Marcel Dupré n'a utilisé qu'une petite partie du livret pour sa composition et l'a intitulée « Crépuscule ». La scène, écrite en version originale pour un chœur de femmes et un orchestre, met en scène des nymphes qui, à la nuit tombante, s’amusent avant qu’elles n’aillent se reposer. L'épisode 3 sera en ligne à partir du 27 juin 2021.

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